| L’ANALYSE DE CLAIRVAUX I UN LIEU : DEUX HISTOIRES 1. Le contexte culturel de Clairvaux 1.1- L’Abbaye de Clairvaux Le premier pôle est une passion spirituelle de l’être transporté et exprimé à travers un mode de vie en communauté fraternelle des Frères Cistercien s de Saint Bernard. Cette culture religieuse observe la Règle de Saint Benoît depuis des siècles. Les « moines blancs » vivent dans leurs monastères entourés par l’ Œ uvre de Dieu. Ils sont modernes, cultivés, et toujours prêts à écouter. Leur entreprise spirituelle est soutenue par un système « démocratique » décentralisé et autonome d’une rigueur stupéfiante. Ce premier pôle culturel est symbolisé par une « cité céleste » sur la terre : l’abbaye. 1.2- La Centrale de Clairvaux Le deuxième pôle est la passion rationnelle de l’être jugé et enfermé loin de la communauté, où l’espoir n’est qu’un carrelage de ciel bleu. Le mot culture est certainement mal placé dans ce contexte, mais nous avons inventé ce lieu de pénitence : la maison du détenu. Ces cellules sombres et noires où la règle est de contenir « les dangers » fonctionnent par un soutien public où ses « habitants » ne sont plus gérants. Bien que des progrès soient faits pour améliorer l’incarcération du détenu, ce modèle de la « contre cité » : la prison, représente l’enclave culturelle de l’autre pôle. 2. La « double face » de Clairvaux Pourquoi est-ce que Clairvaux : l’Abbaye devenu prison nous intrigue ? Clairvaux est témoin d’un « progrès » culturel à travers le temps, comme le voyage de Dante. Un voyage travers l’esprit humain. Ce voyage qui dure depuis maintenant presque 900 ans révèle deux faces de cet esprit humain ; le côté claire : l’abbaye et le côté sombre : la prison. Il faut se rappeler que Saint Bernard et ses frères se sont installés dans la clairière d’une forêt (symbole du Désert Bénédictin) pour fonder leur communauté. C’est certainement une forêt qui cachait les vagabonds, les ermites et les bandits au temps de Saint Bernard, un lieu de « dangers » dont il faut tenir compte. Saint Bernard cultivait cet endroit et employait les « dangers » de la forêt pour bâtir et enrichir les terres ; Clairvaux devint un symbole de puissance spirituelle, culturelle et économique voire politique dans toute l’Europe. C’est la face « claire » de Clairvaux.
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